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"La
plante se comporte à l’inverse de l’animal. De même que
l’animal vit de la nourriture qu’il absorbe, de même la
plante vit de l’air et de la chaleur qu’elle rejette. La
plante ne convoite rien de son propre chef, elle donne ce
que l’animal prend au monde et qu’elle en vit: La plante
donne et ce don la fait vivre."
Rudolf Steiner
A l’heure où la vente des Hospices de Beaune aiguisera l’esprit
et les papilles de nombreux amateurs et professionnels du
monde entier, quelques vignerons, fous illuminés, baignés
dans un ésotérisme frisant le charlatanisme selon les uns,
visionnaires et pionniers avant-gardistes selon les autres,
auront eu le temps d’enterrer, à la saint Michel, de belles
cornes de vache remplies de bouse, des fleurs de pissenlit
enfermées dans un mésentère de vache, ou s’apprêteront encore
à déterrer au solstice d’hiver ces précieuses cornes remplies
de quartz.
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Quelque
soit la motivation de ces vignerons, nous pouvons affirmer
maintenant avec force, que les effets de la pratique bio-dynamique
(depuis 1996 au domaine) sont réellement tangibles et visibles
sur la plante... et parfois aussi sur le vigneron. L’utilisation
de ces «préparats» constitue la base de la bio-dynamie,
Rudolf Steiner nous propose deux préparations «principales»
à utiliser selon un rythme précis, la bouse de corne encore
appelée 500 et la silice de corne ou 501. Voyons ensemble,
brièvement, tant cette étude mériterait que l’on s’y attarde,
le dessein de Steiner dans cette proposition et les effets
de ces préparations sur le vivant. Le point commun de ces
deux préparations est l’utilisation de la corne de vache.
Cette corne creuse, pointue dont les anneaux de forme spiralée
concentrent l’énergie est un symbole de vitalité, associée
au pouvoir du chef en Afrique. La vache pour sa part est
associée de manière intime aux mythologies et accompagne
l’humanité. Dans l’Egypte ancienne, douze vaches entourant
le taureau soleil représentent les douze constellations
du zodiaque. Elle est aussi le symbole de divinités: Nout,
la voie lactée qui se tient à quatre pattes sur la terre,
elle avale le soleil le soir pour l’enfanter le matin. Hathor,
déesse de l’amour ainsi que d’Isis épouse d’Osiris, dieu
de l’agriculture qu’elle a su ressusciter. Cette même Isis
devenue plus tard Déméter chez les grecs, déesse de la terre,
apporte une dynamique de fertilité, de vitalité. Non, la
vache n’a pas été choisie par hasard par Steiner, cette
vache primordiale dont l’être n’est que spirale, dans sa
digestion, dans sa bouse, dans sa marche, dans sa corne,
continue de donner son sang et son lait à l’humanité toute
entière. L’objectif des préparats bouse de corne et silice
de corne est bien, nous le voyons, de créer des substances
capables de véhiculer des forces de vitalité et de fertilité
de la lune pour le 500 et du soleil pour la 501. La bouse
utilisée, riche d’une flore très complète ainsi que de cryptogames,
est mise dans la corne, enterrée à la fin du mois de septembre,
à l’équinoxe et sortie au printemps suivant. «L’homme crée
son moi dans sa matière cérébrale, la vache en forme l’ébauche
dans ses circonvolutions intestinales, dans sa bouse» nous
dit Steiner. Le quartz quant à lui, doit être très pur.
Sa récolte est l’occasion, chaque année, d’une marche animée
et joyeuse en famille, avec des amis dans le massif du Beaufortain.
Cette silice est ensuite finement broyée, mélangée à l’eau,
mise dans une corne et enterrée à la Saint Jean d’été pour
être ressortie puis exposée au soleil aux alentours de Noël.
L’utilisation des deux préparations est complémentaire,
la 500 s’adresse au sol et aux racines de la vigne, en créant
des forces de croissance, tant vers le bas que vers le haut.
Avec la 500, la racine, cet oeil pour la plante, est sensibilisée
au minéral dont elle a besoin, le végétal devient ainsi
capable de «sentir» la terre, sa terre. La 501 quant à elle,
en relation avec le soleil, s’adresse préférentiellement
aux parties aériennes en stimulant les forces de fructification
et de reproduction, la 501 ouvre la vigne à l’influence
du cosmos. Ces trésors de bienfaits seront ensuite dynamisés
par un mouvement rotatif et rythmé puissant dans un sens
puis dans un autre, un peu à l’image d’une respiration:
inspire, apnée, expire. Cette dynamisation, faite avec conscience
par l’équipe du domaine, génère dans son mouvement et dans
sa forme, à la fois une oxygénation et un échange avec l’eau,
lui donnant ainsi sa «mémoire». La pulvérisation sur les
15 ha du domaine est réalisée en moins de trois heures,
à dos d’homme et à l’aide d’un tracteur très léger.
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