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Le
vigneron a toujours entretenu avec la flore sauvage, des
relations complexes... et multiples, tant de nécessité que
de complicité, de confiance que de suspicion. La «mauvaise
«harbe» tant redoutée par le vigneron «crampi» sur sa pioche
dans une lutte inégale et sans fin, a également été consommée
avec délice. Le savoureux ail des vignes ou la doucette
aux vertus drainantes, la potée à base de choux du jardin
en hiver furent autant de plats roboratifs que de remèdes.
Cette herbe, cette plante sauvage, compagne de tous les
instants fut un témoin majeur du temps et de la vie quotidienne
du vigneron.
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Aujourd’hui,
les vignerons du domaine sensibilisés aux multiples vertus
des plantes (curatives, nutritives, régénératrices) partent
régulièrement à la cueillette des orties, prêles osier,
ou sureau... utilisées ensuite sur la vigne, en tisanes
ou purin.
Aussi à l’heure de l’industrie «agropharmaceutique» triomphante,
quelques esprits chagrins ne pourraient voir dans cette
quête qu’ un excès de nostalgie archaïque... S’il est vrai
que les études d’Aristote, Hippocrate, Dioscoride, Galien
, Pline, suivi de Charlemagne, (Capitulaire De villis, 795:
répertoire des plantes médicinales courantes du haut Moyen
Age) et de l’école de Salerne, au XII siècle, donnent naissance
aux «herbularius», jardins médicinaux des monastères à la
très riche symbolique.
Il n’en est pas moins vrai que l’utilisation aujourd’hui
de plantes sauvages montre sa pleine et puissante efficacité.
Ainsi cette année, la prêle, l’ortie ou l’osier, (de part
leurs effet stimulants de défenses naturelles de la vigne),
nous aurons énormément aidé dans la lutte contre l’oïdium.
En
2003, l’emploi «immodéré» de tisane de matricaire camomille,
aura sans doute apaisé l’ardeur des rayons solaires, et
par la même occasion l’inquiétude naturelle des vignerons...
« Il existe des jardins qui ne sont pas d une grande
utilité et ne produisent pas grand chose. Ils sont en fait
arrangés pour le plaisir des sens : pour la vue et pour
l’odorat »
Albert le Grand,
De vegetabilibus et plantis ( vers 1260)
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