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Si
le sublime nous touche, le beau nous charme1.
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Oui
vraiment ce millésime si capricieux à sa naissance,
nous charme et nous séduit aujourd’hui.
Après un millésime 2005, à l’ordonnancement classique
et flamboyant, 2006 allait décidément nous réserver
bien des fantaisies. Fantaisies, dont la plupart des
vignerons se serait bien passé. Une fois de plus, notre
geste bio-dynamique, nous a puissamment aidé dans l’accompagnement
de ce millésime étonnant, au charme aujourd’hui manifeste..
A peine le temps de se remettre de l’émerveillement
de 2005, qu’il nous faut reprendre nos quartiers d’hiver.
La taille est au programme. Nos travaux sont souvent
contrariés par des épisodes neigeux importants. Le froid
vif est sans cesse au rendez-vous.
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Le
mois de mars nous honore même d’un manteau neigeux bien inhabituel.
Heureusement, dans cette nature, qui enveloppe les choses,
les êtres et les esprits, nos énergiques vignerons, savent
apprécier le réconfort des «brûlots». Cette froidure dure
jusqu’à la mi-mars, date à laquelle nous terminons la taille.
Le souffle du printemps est à peine perceptible. Les précipitations
nombreuses facilitent l’attachage des baguettes. Cet ouvrage,
véritable signature de la vigneronne, revêt, une importance
capitale. Ce geste créateur, garant de l’orientation de la
vigne, exige les mains habiles et expertes des courageuses
«layottes»
Cependant, ce temps maussade n’est pas au goût de tout le
monde, il perturbe le travail de reprise des sols. Le laboureur
doit souvent remettre son ouvrage à des jours meilleurs, pour
ne pas risquer de «lisser» la terre et perdre les bénéfices
des soins prodigués aux sols (couplés aux bienfaits des préparats
500). Le beau temps nous réapparaît enfin le 26 mars. Les
températures atteignent des valeurs records, le thermomètre
de la cour au domaine atteint 32°C. Ce renversement de situation
excite les impétueux bourgeons, le débourement s’enclenche
alors rapidement. La vigne a complètement rattrapé son retard
sur 2005. Le mois de Juin est exceptionnel! Sans atteindre
les records de 1976, on s’en approche, avec des caractéristiques
assez similaires, peu d’eau (-70% /normale), des températures
moyennes qui s’élèvent à 23°C (normales:17.3°C) et surtout
un ensoleillement record (+35% /normale). Dans ces conditions,
la fleur si discrète, s’enclenche brusquement. Ce qui nous
frappe alors, c’est l’extrême célérité de la nouaison. Les
grappes sont formées bien avant la Saint Jean.
Les stades se suivent à un rythme effréné, nous obligeant
à décupler nos forces. Les maladies se font rares mais la
vigilance reste de mise. Les conditions sont idéales, les
records d’ensoleillement sont atteints (du jamais vu depuis
1921, date de la création de la station météorologique de
Dijon) Tout semble alors idyllique... nous étions sans doute
dans l’oeil du cyclone. Le jeudi 27 juillet à 16 heures, un
événement aussi brutal que cruel vient anéantir nos beaux
espoirs: des grêlons poussés par un vent violent s’abattent
sur Gevrey! Angoissés, nous nous rendons au chevet de nos
blessées. La partie haute des «Chapelle» est manifestement
la plus touchée. La décision d’entreprendre un sauvetage est
irrépressible. Aussi, nous décidons d’intervenir rapidement.
Le lendemain matin dès 9 heures, nos vignerons équipés de
pulvérisateurs portatifs tentent de panser les plaies ouvertes.
Le talc de Luzenac complémenté d’Arnica Montana , de Millepertuis
et de Valériane, nous est d’un grand secours. Une silice de
corne est passée la semaine suivante. Toutes les pistes sont
explorées pour aider nos petites victimes. Cet acharnement,
sans doute salutaire, nous redonnera aussi la confiance, l’espoir
et la sérénité nécessaire à la compréhension de ce millésime
si particulier. Septembre fait le vin! Le temps du mois d’août,
contraste énormément avec celui de Juillet, les averses sont
nombreuses. Qu’a cela ne tienne, notre moral est à peine émoussé,
on en a vu d’autres clament les anciens! Après la pluie le
beau temps! Les nuages finissent par disparaître, et de superbes
conditions anticycloniques à partir du 23 août nous redonnent
foi en ce millésime. Conscient de l’importance primordiale
du tri, nous concevons rapidement, avec l’aide d’un constructeur
local, un système de sélection des grains secs à la sortie
de l’erafloir. Aussi inespérée que salvatrice, cette arrière-saison
bourguignonne, si propice à la maturation tardive et lente
du pinot noir s’installe durablement jusqu’aux vendanges.
Le samedi 23 septembre, les premiers raisins arrivent à la
cuverie. Certes, ils sont mûrs, mais ils demandent une sélection
méticuleuse et drastique. De ce tri draconien, sortiront des
moûts à la franchise de goût et à l’expression aromatique
très fine et charmeuse. Nul ne pouvait imaginer une telle
promesse! En définitive, cette Chapelle, si capricieuse, si
éprouvante en 2006, nous aura construit, elle nous aura montré
la voie de la sérénité et de l’espérance.
Le charme aussi peut nous toucher!
1
Emmanuel Kant Observation sur le sentiment du beau et du sublime
(1764)
BOURGOGNE
AUJOURD'HUI SPECIAL MILLESIME 2006
JEAN
ET JEAN-LOUIS TRAPET DANS LA SÉRÉNITÉ
"Ce
n'était pas un millésime facile, notamment du fait de l'averse
de grêle du mois de juillet. ll y a toujours une petite appréhension
avant les vendanges. Nous avions toutefois le sentiment d'avoir
fait tout notre possible. C'est pourquoi je suis resté serein",
annonce Jean-Louis Trapet
Les résultats de notre dégustation peuvent même ajouter la
satisfaction à cette sérénité. Voici trois superbes grands
crus de garde A la vigne, le domaine revendique plus que jamais
ses méthodes biodynamiques. Le domaine est certifié depuis
1998. Côté cave, JeanLouis Trapet affirme être de moins en
moins interventionniste dans ses vinifications. Il parle même
d'infusion pour son travail en 2006. A noter qu'un travail
méticuleux de triage été mené puisque les baies sont repassées
sur la table après éraflage.
CHAMBERTIN
GRAND CRU Une bien belle émotion pour nos dégustateurs. "Un
grand vin d'avenir", note l'un d'eux. Un immense volume se
déploie en bouche. La longueur est magnifique.
LATRICIÈRES-CHAMBERTIN
GRAND CRU Ce vin n'est pas très démonstratif pour l'heure.
Sa longueur et sa subtilité ne laissent pas de doute sur sa
qualité.
CHAPELLE-CHAMBERTIN
GRAND CRU Un véritable festival pour le domaine Trapet. Le
fruité de ce grand cru est d'une grande complexité. La bouche
est racée et très longue
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