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L’action
n’est elle qu’une «brève folie», le vigneron a-t-il aujourd’hui,
la possibilité, la liberté d’agir selon son désir, selon
ses aspirations les plus profondes? Vous me répondrez et
j’en suis le premier convaincu, que si l’action, éclairée
par la permanence des traditions, sert le lieu, la vigne
et le vin, assurément oui. Et pourtant de nombreuses contraintes
viennent perturber les gestes «loyaux et constants» de notre
métier. La dernière de ces contraintes date du mois de janvier
dernier, où quelques technocrates élevés dans le sacro-saint
principe de précaution, sans doute aidés par certaines firmes
aussi cupides que zélées, viennent à travers de la nouvelle
loi d’orientation agricole, nous soumettre à de nouvelles
directives.
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L’article
70, applicable depuis juillet 2006, a soulevé de vives réactions,
il impose, entre autres, l’interdiction de l’utilisation
de produits non homologués et n’ayant pas fait l’objet de
la longue et coûteuse procédure d’autorisation de mise en
marché, ainsi que l’interdiction de communiquer sur eux
(je ne vous donnerai plus la recette de notre délicieuse
tisane d’ortie...)
Ce
texte inique et inadmissible nous contraint alors à devoir
renoncer à l’utilisation de plantes ou de préparations biodynamiques
dans nos vignes. De plus, il porte atteinte de façon claire,
à notre liberté collective de gestion de nos AOC. Par delà
le simple fait d’interdire la commercialisation de produits
naturels, se pose également, la question éthique de «brevabilité»
du vivant (autre belle directive européenne de 1998). Peut-on
interdire l’utilisation ce qui existe déjà, par essence,
naturellement? Si l’homme, le vigneron aspire à cette liberté
d’action, et si la liberté est la faculté de choisir ses
contraintes, alors il est de notre devoir d’agir.
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L’art
naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté.
[André
Gide]
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