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Tous
les ans à la même époque, c’est le même refrain, le vin
est mort, sa civilisation engloutie, les épreuves sont de
retour! Les esprits chagrins nous rebattent les oreilles
de nouvelles plus alarmistes les unes que le autres. Ainsi
sur le front viticole, un nouveau phylloxera, Scaphoïdus
Titanus, vecteur de la Flavescence Dorée, pointe le bout
de ses ailes en Côte d’Or. Il faut dire que ce petit insecte
de la famille des flatides, a de quoi nous donner des frayeurs,
des dizaines d’hectares arrachés dans le sud de la France,
des vignes jaunies, affaiblies et dégénérées. Ce mal s’accompagne,
de plus des corollaires rendus obligatoires par le sacro-saint
principe de précaution, traitements chimiques aux effets
durables et dévastateurs sur l’homme et l’écosystème. Sur
le front économique, c’est un nouvel accord sur l’organisation
des marchés qui inquiète nos défenseurs de l’orthodoxie
des appellations.
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Epreuves
et espérances

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Cet
accord met en péril les fondement même de nos AOC. Non seulement
le «faiseur de vin» américain aura la possibilité d’utiliser
l’appellation Bourgogne et Chablis, mais il aura de plus
la possibilité d’utiliser des pratiques toutes plus frauduleuses
les unes que les autres: adjonction d’eau et aromatisation
pour ne citer que les meilleures... Certes, ces tristes
nouvelles ne réjouissent pas le coeur de l’homme, mais le
vigneron ne doit, ni baisser les bras, ni capituler. La
cicadelle, (américaine elle aussi...) n’a-t-elle pas un
prédateur naturel (Neodryinus typhlocybae). Nos ardents
défenseurs des AOC, soutenus par des vignerons concernés
et responsables, ne vont-ils pas s’appuyer sur les erreurs
ou les progrès passés pour mieux construire l’avenir de
la vigne et du vin... Loin du l’idéologie du déclin, du
pessimisme ambiant, je crois au contraire que le vin dans
sa dimension la plus respectueuse, la plus proche du terroir
restera l’un des piliers de notre civilisation.
Les
hommes passent, la terre reste! répétait à l’envi mon grand
père Arthur. La fierté et l’émotion de travailler sur ce
terroir restent intactes. Par delà, les évolutions (ou les
révolutions: technologiques, culturelles et mondiales),
notre devoir de préserver ce lieu unique et original (dont
nous ne sommes que les dépositaires) est plus fort que jamais.Notre
devoir de mémoire s’exercera aussi dans nos actes de vignerons,
véritables liens affectifs avec ceux qui nous ont précédé.
«Le
sol possède l’homme et cette propriété, force élaborée en
commun, est réciproque et inaliénable !»
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ESPERANCE
n. f. ; XIIe siècle, Sentiment qui fait entrevoir comme
probable la réalisation de ce que l’on désire. «Il n’est
rien que l’amour ne puisse affronter : il n’existe pas
de limite à sa foi, à son espérance, à son endurance.»
1 ère Epître aux Corinthiens, Paul
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